Aller vers l’univers et couvrir l’univers ne sont pas deux gouttes d’eau

Dans leur essence, les idées philosophiques se projettent vers l’univers.

Leur point de départ, lui, est lié à une culture respective. C’est de questions d’existence – d’où naissons-nous ? – que départ le départ vers l’univers – où iront-nous ? L’appartenance se projette vers une partance.

Pour comprendre d’où l’on est, on questionne d’où l’on naît : les ancêtres, la famille, la mère, la fécondité. Les pharaons auront choisi l’image de l’eau et de l’œuf pour porter ces idées. Mbog Bassong le souligne dans son ouvrage « La méthode de la philosophie africaine ».  C’est l’environnement familial qui créé le culturel, il est le point de référence, l’entre-deux du cycle de création.

La projection d’origine est la même que celle de la destination, la même que le départ, du moins en philosophie panafricaine : le monde des ancêtres. En Kinyarwanda, le monde des ancêtres, le monde invisible, partage étymologiquement l’espace avec le monde visible. C’est l’aspect de l’étude linguistique de Maniragaba Balibutsa, par rapport aux termes « Bazima » (« les vivants »), et Bazimu (« les ancêtres « ), à l’intérieur de son livre Une archéologie de la violence en Afrique des grands lacs.

Ce que les philosophes africains, depuis les pharaons, ont fait, c’est aller
vers l’univers.

Ce que Hegel a prétendu faire, avec sa philosophie de l’histoire, c’est de couvrir l’univers. Ce qu’il a fait, est prélever ses coordonnés. En déclarant que ses idées valent pour l’univers entier, bien plus encore, que seules les idées du monde philosophique germanique retentissent dans l’univers. C’est l’histoire d’un homme qui départ pour ne laisser aucune trace, aucune trace des ondes qui le suivent, ni des ondes qui l’attirent. Il rend l’univers en silence, retient son souffle, suffoque le battement de son cœur.
Tel le mal, le mal entendu.




Extrait de: Akayovu, “On n’en parlera plus. De l’histoire, ce mal entendu”,
Akayovu Imprints, Mai 6257 (2020)

Visual by Moses Izabiriza, for Akayovu, 6256 (2019)

Going

Going Back

Back Moving

Moving On

On Telling

Telling About

About Going

Going towards the universe and covering the universe are not two drops of water

In their essence, philosophical ideas are projected towards the universe.

Their starting point is linked to a respective culture. It is from questions on the existence – where do we come from? – that sets in the departure to the universe – where do we go to? Being part of and to depart towards are partaken in the projection of being.

To understand where we are from, we question who we are from: ancestors, family, mother, fertility. The pharaohs chose the image of the water and the egg to convey these ideas. Mbog Bassong underlines this in his book “The Method of African Philosophy”. It is the family environment that creates the cultural. Becoming its point of reference, the in-between of the creation’s cycle.

The projection of origin is the same as that of destination, the same as the departure, at least in pan-African philosophy: the world of the ancestors. In Kinyarwanda, the world of the ancestors, the invisible world, etymologically shares space with the visible world. This is the aspect of the linguistic study of Maniragaba Balibutsa, in relation to the terms “Bazima” (“the living”), and Bazimu (“the ancestors”), in his book An Archaeology of Violence in Great Lakes Africa.

What African philosophers, since the pharaohs, have done is to go
to the universe.

What Hegel claimed to do, with his philosophy of history, is to cover the universe. What he has done is to take its coordinates. By declaring that his ideas are valid for the whole universe, much more so, that only the ideas of the Germanic philosophical world resound in the universe. This is the story of a man who leaves to leave no trace, no trace of the waves that follow him, nor of the waves that attract him. He renders the universe in silence, holds her breath, suffocates the beating of her heart.

In there lays the bad, the badly heard.

Excerpt from: Akayovu, “We won’t talk about it anymore. Of history, this badly heard”,
Akayovu Imprints, May 6257 (2020)

Visual by Moses Izabiriza, for Akayovu, 6256 (2019)